La loi du 23 mars 2019 a modifié l’article 512 du Code civil, supprimant le contrôle des comptes par les directeurs des services de greffe judiciaires et le remplaçant soit par celui du subrogé tuteur, du co-tuteur, du tuteur adjoint ou du conseil de famille, soit par celui d’un professionnel qualifié, dont les modalités de désignation doivent être fixées par un décret en Conseil d’État. Le décret et l’arrêté fixant la rémunération de ces professionnels, attendus avant le 31 décembre 2023, sont toujours en attente.
L’externalisation du contrôle de gestion des personnes vulnérables vise à alléger les charges des greffiers en chef, en raison de l’augmentation annuelle du nombre de personnes sous mesures de protection. Cette initiative met en avant la responsabilité et la protection des intérêts de ces personnes tout en répondant aux exigences réglementaires en matière de gestion financière.
Objectifs du projet
Le projet de décret a pour but de privatiser et renforcer les pratiques de contrôle financier afin de garantir une utilisation appropriée des ressources allouées aux personnes vulnérables. L’objectif est d’assurer une gestion financière responsable, minimisant les risques de mauvaise gestion, d’abus ou de négligence. Pour ce faire, il est prévu de faire appel à des prestataires externes spécialisés dans la gestion financière, sélectionnés sur la base de leur expertise, de leur expérience et de leur réputation.
Ces prestataires seront chargés de superviser et de gérer les comptes des personnes vulnérables, en assurant une surveillance des transactions financières et en fournissant une assistance professionnelle en matière de planification budgétaire. La collaboration entre les organismes de supervision et les prestataires sera essentielle pour garantir la mise en œuvre du projet, avec des protocoles clairs, des mécanismes de communication et des processus de reporting transparents.
Conditions à respecter
Selon le projet de décret en cours, trois conditions doivent être respectées pour pouvoir effectuer ces contrôles : une expérience d’au moins trois ans dans le domaine de la comptabilité ou de la protection juridique. Cependant, bien que le décret ne soit pas encore publié, certains tribunaux ont déjà pris l’initiative d’externaliser le contrôle des comptes de gestion en désignant des organismes sans cadre juridique clair.
Montants et majorations des honoraires
L’une des préoccupations majeures concerne le barème des honoraires liés à l’externalisation du contrôle de gestion. Selon l’INSEE, une personne seule est considérée comme pauvre lorsqu’elle vit avec un revenu inférieur à 60% du niveau de vie médian, soit 1 158 € par mois en 2021. Le barème proposé prévoit une participation annuelle de 64 € à 80 € pour les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, ce qui est jugé inacceptable par les associations. La FNAT a exprimé son opposition ferme à faire peser cette charge financière sur les majeurs protégés, surtout les plus précaires et vulnérables. Par ailleurs, une majoration de 30% est prévue pour les majeurs disposant de plus de deux placements financiers. Cependant, cette disposition est critiquée, car il est fréquent que même les individus précarisés possèdent plusieurs livrets de précaution, tels que le livret A et le LDD. Cette majoration pourrait ainsi pénaliser injustement les personnes protégées qui tentent de gérer prudemment leurs finances.
Modalités de désignation des professionnels
La loi du 23 mars 2019 a modifié l’article 512 du Code civil, supprimant le contrôle des comptes par les directeurs des services de greffe judiciaires et le remplaçant soit par celui du subrogé tuteur, du co-tuteur, du tuteur adjoint ou du conseil de famille, soit par celui d’un professionnel qualifié, dont les modalités de désignation doivent être fixées par un décret en Conseil d’État. Le décret et l’arrêté fixant la rémunération de ces professionnels, attendus avant le 31 décembre 2023, sont toujours en attente.
Conséquences et préoccupations
La loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 prévoit l’externalisation du contrôle de gestion. Depuis cette date, plusieurs préoccupations ont été soulevées :
Zones de flou
EN BREF
SOURCES
©2022 - Groupe Inter Entreprises - Tous droits réservés